Du Canada à la Terre de Feu

Estación Catorce

La jeep qui relie Real de Catorce à Estación Catorce s'enfoncent au coeur de la Sierra. Safran, carmin et émeraude. Explosion de couleurs et d'odeurs qui recouvrent les anciennes mines d'or et d'argent. La vallée finie par s'ouvrir sur un plateau désertique. Estación Catorce. Je descends. De cette ville s'échappe une longue langue de terre brûlée, parfaitement rectiligne. Elle traverse le désert. Une voie de chemin de fer croise perpendiculairement la route. S'y arrête un train démesurément long. Le soleil frappe la terre. Les quelques rancheros qui attendent dehors ne bouge plus de sous leur chapeau. J'achète du pain, des fruits, de l'eau et commence à marcher.
Pour atteindre Tecolote, le village du "Jefe" il faut sortir de la route puis marcher quelques heures dans le désert avant de passer entre les deux collines qui semblent deux seins de terre craquelée pointant leur mamelon vers le ciel. Crotales, coyotes, cactus peuplent cet univers fantasmé au travers duquel je me fraye un chemin. Les heures s'égrennent lentement, j'ai peur de manquer d'eau pour le retour. J'atteins enfin une vieille école, puis une dame m'indique l'habitation de Luis, "el jefe del Desierto". Un vieil homme sec en tenue militaire se lève à mon approche. Traditionelement celui qui veut rencontrer le catcus peyotl lui apporte une bouteille de Mezcal en échange de ses indications. Quelques questions et une petite demi-heure de marche nous mènent sur les lieux. Luis s'en va. Je me prépare à passer la nuit.



Publié à 06:10, le 28 octobre 2008, dans Mexique, Catorce
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Real de Catorce

Le soleil se couche sur une journée de pouce en l'air. Finir à une coudée de Real de Catorce dans un hameau perdu entre nulle part et ailleurs. La poussière et les chiens. Merde. Aucune voiture ne s'arrêtera à présent. Trop d'histoires de traficants sur ces routes de sable. J'achète une bière dans une tienda. La porte de fer se ferme derrière moi. Dehors deux trois types passent le temps. Je demande si quelqu'un compte monter sur Real. Non. Bien. Je me décide à dormir là, sur le perron de la tienda et vide ma bière. Ouragan de poussière et de bruit. Un truck s'arrête devant moi, trois ouvriers saouls en descendent. S'échangent les cris, les corps humides se choquent, s'embrassent. J'attends. La voiture démarre, le conducteur se plante face à moi : "Tu, quedas ?". "Como no, muchas gracias !". Je monte, direction Real.



Publié à 06:04, le 28 octobre 2008, dans Mexique, Catorce
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Guanajuato

Deux semaines et demi. La maison de Maya comme épicentre, géneratrice. Les amitiés se nouent, se renforcent, s'harmonisent. L'amour comme équilibre. La paix comme évidence. Autour, une petite ville s'agite, amasse les visiteurs, les touristes, les rencontres sans lendemain.
L'art, le pain et les fruits ; l'eau et l'alcool. Relation équilibrée entre soi, l'autre et l'univers. Nous sommes ce que nous mangeons dit-on, nous sommes également ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce que nous sentons. Se changer soi, changer le monde. Nous sommes ces utopies flottantes dans l'éther.
Ainsi. Un cartographe dont les paroles déforment l'univers, son propre corps comme terrain d'expérience infini des formes et du verbe.
Une gitane, ses pieds nus choquent la terre, soulevant une robe d'or et de pierres précieuses, entre ses doigts deux coquillages battent la mesure du temps.



Publié à 05:43, le 28 octobre 2008, dans Mexique, Guanajuato
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Une semaine a Mexico

Dimanche. Veille de mon départ pour Puebla, au Sud-Ouest de Mexico, sur la route de Veracruz. Mon sac est fait. Je m’apprete à franchir la porte du monde Olmèque. Lina entre dans ma chambre : Le Cervantino – une rencontre internationale des arts de scène – débute dans la ville de Guanajuato à quelques heures au nord-est de Mexico. Direction opposée, le nord du Mexique. Douces évocations artistiques, musique et théâtre, puis le désert mexicain, les Huicholes, les chamanes, le cactus peyotl. Je monte sur le toit de la maison. La grande plaie mexicaine étale ses exhalaisons lumineuses sur la plaine, se répand sur les montagnes alentours trouvant son chemin jusqu’à mes pieds.

Je songe à cette ville aux dimensions improbables, centre de la Mésoamérique depuis des millénaires, au zèle démoniaque des missionaires catholiques et à l’incroyable violence des mercenaires de Cortès qui, ensemble, n’ont pas réussi à éteindre le Feu emprisonné dans la pierre millénaire des cités de Teotihuacan et Tenochtilán. Le coeur de México bat encore puissamment la mesure de l’histoire. Encore une fois ces cités solaires ont subi les assauts des flammes. Et Le puissant Tlaloc attend patiemment au fond de la Grotte Primordiale, le centre de la Terre, qui vit naître les hommes premiers. Et le Vent du désert ne cesse de bercer les plumes de phénix qui ornent la couronne de Quetzacoatl. Et encore une fois, cette nouvelle cité créée dans le sang, au nom d’un Dieu aux allures identiques à celle du soleil et de la lune, encore une fois cette cité s’effondrera et le temps passera sur les mémoires.



Publié à 02:57, le 6 octobre 2008, dans Mexique, Mexico
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Premier jour à México !

Une côte interminable se galbe et s'étire au travers du hublot. Au loin, juste au dessous du réacteur, les contreforts de la Sierra Madre Orientale se dressent et font face au Golfe du Mexique. J'ai à peine conscience du chemin parcouru en quelques heures. Les minutes qui me séparent de México s'égrennent lentement. Enfin, le bruit des moteurs s'adoucit, l'appareil perd de l'altitude et traverse une première nappe de nuages. L'oiseau de métal se cabre laissant voir sous son aile l'écume jaunâtre de la ville qui s'étend à perte de vue sur les reliefs du haut plateau. Un voile de fumée aux reflets rouges drape cette monstrueuse apparition.

Il est un peu plus de midi lorsque je sors de l'aéroport. Lina, ma sympathique hôtesse m'attend - normalement - chez elle. Un bout d'adresse incompréhensible dans la poche, 100 pesos, l'espagnol qui me glisse entre les dents et la patience de mes interlocuteurs me permettent tout de même de me frayer un chemin dans cette ville aux dimensions incroyables. Aeropuerto Distrito Federal, Métro linea dos, estatión terminal Cuatro Caminos dans le Distrito de Naucalpan de Juaréz. J'arrive dans une gare de "camiones" delabrés. Les images du Venezuela me reviennent. Ce sont les transports collectifs qui sillonent la ville. De conducteur en conducteur je finis par trouver mon homme : le premier qui comprend l'adresse en partie. Il m'avoue ne pas connaitre la rue. Je monte. Durant plus d'une heure le camión se débat dans un décor inconnue. Les gens montent, descendent, s'affairent, discutent, je finis par me détendre comptant sur le karma. Enfin, le chauffeur crie Vista del Valle, c'est le nom du quartier où se trouve la fameuse "calle". Le camión s'enfonce dans le barrió, sillone les chemins qui se rétrecissent, grimpe à toute vitesse. Je scrute le paysage, espérant un indice quelconque. Enfin, sur ma droite j'apercoit le nom de la rue : Valle Ejutla. Muchas gracias, adios, je saute du camion, trouve la maison, sonne.

la famille qui m'acceuille est admirablement sympathique. Heureux de me voir arriver et surpris que je n'ai pas pris de taxi, en quelques minutes je suis mis à l'aise, comme un coq en pâte.

"Mi casa es su casa"



Publié à 02:35, le 5 octobre 2008, dans Mexique, Mexico
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Vraiment tout derniers instants ;)

Fin de semaine à Québec. Les érables rougissent et l'automne borde la route que nous empruntons avec Jacinthe pour rejoindre le Lac Trois Saumons. Il faut sortir de l'autoroute menant en Gaspésie et traverser Saint Jean Port-Joli avant d'atteindre une petite maison sur le bord du lac. Une petite Utopie de quelques heures, à peine une nuit.

Samedi. Mon sac est prêt depuis deux jours. Derniers moments de tendresse. Quelques larmes de bonheur avant une virée hallucinante dans le van cahotant d'un vieux baroudeur. Deux québecois se sont installés à l'arrière. Nous palabrons. Le voyage reprend son cours. Voyage. Jacinthe, Québec, mon frangin qui m'attend à Montréal puis en une fraction de seconde le Mexique, solaire, qui m'explose à la face. Une vague d'adrénaline me traverse le corps tandis que la route s'engouffre sous le camion.

Bonheur. Voir mon frère une dernière fois. C'est aussi leur dernier week-end sur Montréal. Je savoure avec eux ces ultimes moments et me gave de beurre de peanut.

4h45, un rêve éthilique qui se termine sur une sonnerie stridente. Je dis au revoir à mon frangin et sort dans les derniers instants de quiétude d'un lundi matin. Il fait froid



Publié à 12:21, le 5 octobre 2008, dans Québec, Montréal
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Derniers moments à Québec

Et voila, billet pour Mexicó, décollage lundi 29 septembre à 8h00 pétante.

J'aurais finalement passé un mois au Québec, la grande majorité du temps en compagnie de Jacinthe, le reste avec Nathan et Pédro. Ils sont d'ailleurs venus la fin de semaine dernière, pour admirer la ville et à l'occasion profiter du festival rock'n'roll "Envol et Macadam". Le temps ne nous a pas permis d'aller nous promener derrière les plaines d'Abraham.

Les quelques jours passés à la bibliothèque des sciences humaines de l'Université Laval peuvent se résumer à ceci : chez les Huichol ou Wixaritari le concept "la parole des gens" (qui se rapprocherait de notre concept de langue) s'écrit ainsi en uto-nahuatl :

tewi niuquiiyaàri

niuqui signifiant la parole ; tewi, les ancêtres et iyaàri, le coeur.

Ce qu'explique un mara'akame de Hayucarita en affirmant : " chez nous la parole est niuqui mais elle est aussi iyaàri. Elle permet de faire, de créer. Nous ne nous attachons pas, comme chez vous à ce que signifie cette parole, la parole est là, c'est tout ; notre vraie langage c'est ça"

C'est vrai qu'il commence à faire froid par icitte...


Et en exclusivité internationale les quelques dernières photos de québec :

D'abord, Vlà deux petites photos d'écureuils pour les amateurs - y'a bien que ces hosties-de-français pour prendre des écureuils en photo -



Une petite photo de Jacinthe, refuge et guide spirituel ;)


Des bancs le long des plaines d'Abraham


Un vaisseau spatial plutonien (si si, regardez les, ils se déplacent encore en calèche)


La preuve ultime que Québec est une ville de hippies =D


Ah oui et pour finir deux petit morceaux d'un panoramique sur le fleuve Saint Laurent et du château Frontenac - vulgaire hôtel pour la gente très bourgeoise mais vraiment sympa à voir de loin -



Publié à 07:49, le 22 septembre 2008, dans Québec, Québec
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'Tite pause ...

Montréal à nouveau. Pépé et Nathan sont au labo - dernière ligne droite : rapport -, je me lève doucement dans la nouvelle collocation du frangin - Draqks - Du coup je profite d'un petit moment de pause pour mettre quelques photos sur ce blog.
Fin de semaine avec Pépé et Nathan - "Tamtam Jam" hebdomadaire autour de la statue du parc Mont Royal -

Devant chez Jacinthe

Chez Jacinthe, mon petit coin de paradis à Québec

Une rue quelconque

Une rue quelconque
Petite terrasse devant la maison

Petite terrasse devant la maison
Pépé et Nathan au TamTam Jam

Pépé et Nathan au TamTamJam
ciel du TamTam Jam

... Montréal vue du Mont Royal, ciel du TamTamJam ... pas mal couvert



Publié à 01:19, le 8 septembre 2008, dans Québec, Montréal
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Québec...

Nathan et Pédro ont changé de point de chute, je m'en suis donc allé retrouver Jacynthe a Québec en comptant bien revenir sur Montréal rapidement. Je ne m'attendais pas à grand chose en arrivant ici. Arrivé a Ste Foy en stop, le bus 801 m'a déposé au début d'un long boulevard rectiligne bordé de frênes et d'érables. De chaque côté je trouvais, bien alignées, une suite de pelouses fraîchement tondues et plantées de petites maison en briques brunes style colonial. Jacynthe habite dans l'une de celle-ci et je l'y trouvais.

Je n'imaginais pas que ce bout de quartier quelconque entre Ste Foy et le centre de la ville dissimulait au delà d'un immense terrain de gazon les contreforts d'une cité de pierres blanches étalée sur les rives d'un fleuve si large qu'il déchire l'espace en deux. Une incroyable citadelle rose flanquée de hautes tours aux toitures de zinc vertes domine cet espace entre terre et mer. Le vent, dense, humide et incroyablement puissant parachève le spectacle, battant la plaine et ployant les arbres géants qui peuple la forêt et s'élancent en contrebas, tout droit vers le Saint Laurent.

Je ne pensais pas qu'une ville pouvait respirer pleinement. C'est le domaine du vent, une cité magique et paisible.

Bon je m'enflamme un peu mais je crois bien que je suis arrivé quelquepart .



Publié à 06:31, le 29 août 2008, dans Québec, Québec
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Premier Jour

Tadam !

Et voila premier jour sur Montréal ! J'ai pu partager la chambrette avec pépé et le frangin. Meilleure nuit depuis plusieurs jours !
Pour l'instant j'en dis pas plus. J'attends de voir. On devrait retrouver Sarah cet après-midi.

Publié à 06:28, le 26 août 2008, dans Québec, Montréal
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